Comme certaines habitations du centre-ville des Herbiers, la place des Droits de l’homme est soumise au risque de crues et a déjà été impactée par des inondations lors des épisodes historiques ayant touché le bassin versant.
Avec le projet immobilier de l’Ilot, rue Nationale, nos élu.e.s se sont inquiétés des risques encourus : ces zones sont-elles concernées par le Plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) ? Les travaux de terrassement seront-ils autorisés ? Qui contrôlera la conformité des projets ?… Car le rôle du PPRI consiste à mettre en œuvre les principes suivants : interdire toute nouvelle construction dans les zones inondables soumises aux aléas les plus forts ; contrôler strictement l’extension de l’urbanisation dans les zones de crues ; éviter tout endiguement ou remblaiement nouveau qui ne serait pas justifié par la protection de lieux fortement urbanisés.
Bref, la vigilance est de mise.
Les riverains de la Grande Maine sur le pont
Si le centre-ville a échappé, ces dernières années, aux inondations, c’est grâce à la vigilance des services de la Ville mais également à l’action des membres de l’association Les riverains de la Grande Maine. L’association avait été créée suite aux inondations des années 90 quand la rivière était sortie au moins cinq fois de son lit. Pendant plus de 20 ans, elle a joué un rôle de vigie en alertant et en proposant des solutions. Malheureusement, l’association Les riverains de la Grande Maine » a disparu faute de relève et de soutien.
« Veiller, alerter, proposer »
« Veiller, alerter, proposer » , telles étaient les trois missions que s’étaient donnés les membres de l’association. Voici un exemple de leur travail, ainsi que leurs propositions qui restent toujours d’actualité.
Points de vigilance :
Augmentation des surfaces artificialisées : à la Pellinière, construction de 6 maisons ; rue Nationale, construction d’immeubles. L’un sur le secteur de la Place des droits de l’homme, l’autre au carrefour de la rue des Tonneliers et de la rue Nationale.
Cette situation est-elle suffisamment prise en compte par le schéma directeur des eaux pluviales ? Car on observe aussi une augmentation de la pluviométrie au fil des années : les relevés montraient 750 mm de précipitation en 2010 ; en 2020 on atteignait 1046 mm. Avec le réchauffement climatique, une confirmation de la tendance s’annonce avec davantage d’eau l’hiver.
Propositions :
– Accroître la capacité du bassin de rétention de Grouteau. Cette demande est formulée depuis plusieurs années auprès de l’EPTB de la Sèvre Nantaise**, instance en charge du dossier.
– Entretenir l’étang du Landreau de façon à préserver sa capacité (28.000 m³), tout en veillant à maintenir une partie de la végétation.
– Réévaluer le schéma directeur des eaux pluviales en fonction des opérations d’aménagement programmé (OAP). Il s’agit toujours de favoriser les retenues en amont de la ville et le débit de l’eau en aval. Mais aussi d’éviter l’urbanisation sur le bassin-versant de la Grande Maine et en amont de la ville des Herbiers.
Points positifs :
L’ancien cimetière du Petit-Bourg joue son rôle de bassin tampon, comme l’espace derrière l’église du Petit-Bourg, à l’emplacement de l’ancienne école.
Points divers :
– A l’ancien forage de la rue du Pont, les deux pompes de relevage fonctionnent-elles ?
– L’entretien du chemin bordant la rivière est-il effectué régulièrement ?
– Est-il envisageable de curer la rivière dans son tronçon traversant la Place Herbauges ?
– Un grillage a été placé par un particulier en travers de la Grande Maine. Est-ce légal ?
– Que va devenir le secteur de la Galerie d’Herbauges ?
Nous espérons que la disparition de l’association « Les riverains de la Grande Maine » ne va pas conduire la Municipalité à oublier les risques d’inondation. En tout cas, l’association aura prouvé que l’engagement citoyen est le meilleur atout pour prévenir les risques et mieux gérer les situations de crise.
*L’association Les riverains de la Grande Maine était adhérente de l’Union nationale des associations de lutte contre les inondations (Unalci).
**EPTB : Etablissement public territorial de bassin.









